Jean-Luc Gaget : « Je me suis fait confiance, et je ne le regrette pas. »

Jean-Luc Gaget a présenté au RCC une comédie romantique Une fille en or, attendu en salles ce 15 avril 2026. Rencontre avec un réalisateur au parcours riche qui a fait de l’écriture son bonheur quotidien.

Jean-Luc Gaget : « Je m’identifie à elle, par son manque d’estime de soi et sa difficulté à exister aux yeux des autres. » Photo DR

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire et réaliser ce film ?
« Le projet a émergé de ma rencontre avec ma co-scénariste, Raphaële Moussafir, mais surtout de la création d’un personnage : Clémence. Je m’identifie à elle, par son manque d’estime de soi et sa difficulté à exister aux yeux des autres. Ma méthode est toujours la même : je fais vivre les protagonistes avant de me lancer dans l’intrigue. Ils doivent être le moteur de l’histoire. Une fois Clémence définie, nous l’avons confrontée à un autre protagoniste pour créer une histoire d’amour impossible. C’est, selon moi, le meilleur point de départ pour une comédie romantique réussie. »

Le casting est souvent déterminant pour donner vie aux personnages. Vous avez choisi Pauline Clément connue notamment sur Internet, pourquoi ce choix ?
« Mes enfants m’ont conseillé de regarder des humoristes sur le web ! Un après-midi, je suis tombé sur une vidéo de Pauline. Et tout de suite, j’ai eu l’instinct. Je me suis dit que c’était elle. J’ai montré cette vidéo à mon producteur. Il m’a dit qu’elle était super. Je lui ai proposé le rôle directement. Il s’est avéré qu’elle était très proche du personnage tel qu’il était écrit. J’ai appris seulement ensuite qu’elle était pensionnaire de la Comédie-Française. Pauline possède cette double facette rare : elle est le personnage tout en étant une comédienne comique virtuose. Je me suis fait confiance, et je ne le regrette pas. »

Vous avez commencé le cinéma très jeune. Comment avez-vous évolué ?
« J’ai commencé dès ma classe de seconde par une dizaine de courts-métrages, tout en étant monteur pendant dix ans. C’est comme ça j’ai appris la mise en scène. En 2000, j’ai réalisé mon premier long-métrage, J’ai tué Clémence Acéra. Ce fut une expérience douloureuse car le film, a été un échec commercial et ne me ressemblait pas vraiment, contrairement à Une fille en or. Mais, ma collaboration avec Solveig Anspach a tout changé. Nous avons formé un binôme rare. Elle est décédée, il y a une dizaine d’années. Elle m’a permis de me débarrasser de la peur de faire, pour me rapprocher de mes intuitions. Elle m’a remis dans les pas du réalisateur. »


Vous êtes aussi romancier. En quoi cet exercice diffère-t-il du scénario ?
« On dit souvent qu’un scénariste, c’est un romancier raté ou un metteur en scène frustré ! J’avais ce fantasme depuis longtemps. J’aime le geste d’écrire, même dans un script, je soigne le style. Mais la différence est fondamentale : le scénario doit donner à voir, provoquer des images et imposer un rythme. Le roman, lui, permet l’introspection. Ce n’est pas la même mécanique mentale. »


Quel est le projet qui vous anime aujourd’hui ?
« Le projet qui me fait rêver, c’est une comédie familiale qui se met en place. J’espère le tourner cet été. C’est un film que j’essaie de faire depuis quinze ans. C’est l’histoire d’un petit garçon de 12 ans avec la volonté de devenir artiste. Il veut faire de la bande dessinée. On est dans les années soixante-dix. C’est un peu inspiré de tous les films de mon adolescence. Mon rêve, finalement, c’est de pouvoir continuer à travailler, parce que scénariste c’est un métier qui me rend heureux, tout simplement. »

Propos recueillis par Evan MALOD & Mathis THOMAS
édité par Margot LEMOINE

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