Mercredi 7 janvier, la proposition de loi portée au Sénat par Marie-Pierre Monier
concernant les Accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) a été rejetée. Une conséquence directe pour les professionnels et les personnes qui en ont besoin.

« 50 000 élèves en situation de handicap ont été privés d’accompagnement faute de personnel à la rentrée « , selon Marie-Pierre Monnier. La sénatrice valencienne est à l’origine du projet de loi visant à accorder le statut de fonctionnaire au métier d’Accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH). Mercredi 7 janvier, la proposition de loi socialiste a été rejetée par la majorité des sénateurs. Une décision » écœurante » pour la membre de la chambre haute.
» Les AESH vivent en très grande précarité «
« Officiellement, je suis engagée pour m’occuper de quatre élèves. Officieusement, j’en accompagne une dizaine. » Ingrid Hennequin est AESH depuis quinze ans dans une école alsacienne. Comme ses collègues, sa profession n’est pas reconnue en tant que fonctionnaire.
Elle ajoute : » Nous essayons de repérer dès la maternelle les enfants qui risquent d’avoir besoin d’AESH par la suite, pour pouvoir les prendre en charge au plus vite et éviter un accompagnement permanent. » Selon la sénatrice, vice-présidente de la commission de l’éducation, 132 000 AESH sont embauchées en France en 2025. » Cela représente le deuxième corps de métier après les professeurs.
» Les AESH vivent en très grande précarité « , complète-t-elle, avec un salaire moyen de 850 euros par mois, inférieur au seuil de pauvreté. » AESH, ce n’est jamais un choix de carrière à long terme, c’est toujours de courte durée « , s’attriste Cécilia Arnaud, éducatrice spécialisée au contact d’AESH à Nice.
Les AESH sont employés de l’État. Leur statut actuel ne leur permet pas de bénéficier d’un
CDI. Pour la représentante du syndicat FSU Snuipp de Nice, cette conjoncture entraîne des conséquences immédiates. » Le nombre exponentiel d’enfants ayant besoin d’accompagnement ne va pas de pair avec l’augmentation du temps de travail « , explique
Aurélia Daqui.
Une situation aux grandes répercussions
L’AESH a un impact direct sur l’éducation de l’enfant. Les problèmes liés à leur situation
agissent directement sur les élèves. » Parfois, elle ne pouvait pas être là à des moments où
j’en avais besoin. Elle devait choisir ses priorités « , se rappelle Ava Moryouffef, ancienne
élève ayant eu une AESH.
En plus de l’absence, le manque de formation aggrave la situation. » Malgré eux, cela peut
avoir des conséquences sur les enfants. Mal connaître un handicap peut entraîner des
conséquences graves « , d’après l’éducatrice spécialisée de Nice.
Alexandra Courivaud, enseignant dans une école primaire, se dit démuni face à la situation : » Nous n’avons pas notre mot à dire sur la demande des AESH, c’est l’État qui décide. C’est un casse-tête, car nous avons aussi besoin d’eux. » Pour Cécilia Arnaud, certains établissements profiteraient de ce flou dans la profession : » Il y a des écoles qui refusent, de façon illégale, des enfants ayant une reconnaissance MDPH (Maison départementale des personnes handicapées : organisme auprès duquel effectuer une demande d’aide liée au handicap.) mais sans AESH, ce qui les exclut. «
L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a élaboré un plan d’action entre 2025 et
2030 afin de transformer l’offre de services pour les personnes en situation de handicap.
Pauline Hamard & Lauriane Grignon
édité par L.G
