La neuvième édition du festival Canneseries vient de s’achever au terme de six jours de projections. Avec P*tain de soirée, Paris Police 1910, INA, Paradoxes et Sheep : la rédaction vous propose un tour d’horizon non exhaustif de ses surprises et de ses quelques déceptions.

On a adoré : la verticalité de P*tain de soirée
Première série en format vertical présentée depuis la création de Canneseries, cette fiction a été cocréée par l’acteur et vidéaste Roman Doduik aux côtés de Quentin Pissot, et réalisée par Félix Guillard. Elle suit Simon (incarné par Roman Doduik), qui organise une fête d’anniversaire surprise pour sa meilleure amie Angèle (Lou Howard), dont il est secrètement amoureux. Une révélation inattendue va faire basculer le déroulé de la soirée.
Soutenue par France Télévisions et ciblant les 18-30 ans, cette production s’impose comme une excellente surprise. Malgré un format pensé pour les réseaux sociaux avec des épisodes de seulement 3 minutes, sur les sept que nous avons pu voir, le spectateur a largement le temps de s’attacher aux personnages et de rentrer dans l’histoire. Les intrigues annexes ont le temps de se mettre en place et le casting fait preuve d’un grand professionnalisme.
La série, composée de 20 épisodes, est diffusée depuis ce lundi 27 avril sur les réseaux de Slash et de Roman Doduik, à raison d’un épisode par jour.
On a apprécié : l’histoire prenante de Paris Police 1910
La troisième et dernière saison de la création de Fabien Nury, réalisée par Julien Despaux, est une véritable réussite. L’intrigue débute le 31 mai 1908 : Marguerite Steinheil est retrouvée ligotée dans son lit, tandis que sa mère et son mari ont été assassinés. Antoine Jouin (Jérémie Laheurte) et les forces de l’ordre tentent alors de mettre la main sur le coupable.
Nous avons vu deux épisodes des six que compte cette troisième saison, qui fait suite à Paris Police 1900 et 1905. Résultat, l’histoire est prenante, la tension est maintenue du début à la fin et la reconstitution de l’univers parisien de la Belle Époque est parfaitement tenue.
Nous avons été en revanche déçus par le fait que, dans certaines scènes, les acteurs ont parfois tendance à avaler leurs mots, ce qui sort légèrement le spectateur de la série. Ce troisième volet n’en reste pas moins toujours intéressant et est d’ores et déjà disponible sur la plateforme Canal+.
On a apprécié : l’univers particulier mais clivant de Paradoxes
Créée par Maxime Donzel et Émilie Valentin, cette série française raconte l’histoire de Roman (Xavier Lacaille), un journaliste de Bois Magazine parti réaliser un reportage. À la suite d’une expérience scientifique menée par Léa (Zita Hanrot), le jeune homme va devoir dompter ses propres démons.
Paradoxes est une œuvre surprenante qui démontre en quelques minutes à peine qu’elle parvient à jongler entre humour et tension. Le scénario est prenant et les personnages, tout particulièrement Roman, sont très attachants. Attention cependant, son univers si particulier pourrait dérouter et ne pas plaire à tout le monde. La série sera diffusée sur ARTE, bien qu’aucune information n’ait encore filtré sur sa date de sortie.
Ça nous a déçus : le scénario attendu de INA
Imaginée par Rachel Maxine Anderson, la série australienne INA nous plonge dans les coulisses du tournage d’une émission de cuisine. Face à l’absence de l’invité prévu, Madeline (Triona Calimbayan-Giles) doit trouver un remplaçant de dernière minute et décide de choisir sa propre mère (Lena Cruz).
Si l’humour est globalement maîtrisé et permet de faire passer un bon moment au public, le scénario est à notre goût bien trop simple. Les premières minutes de la série que l’on découvre dans deux épisodes de sept minutes nous ont parues assez peu surprenantes.
Les personnages y manquent de relief, il n’y a aucune révolution et l’ensemble ressemble à beaucoup d’autres productions du même genre. Les six épisodes sortiront le 12 juin 2026 sur la chaîne YouTube INA séries (à ne pas confondre avec les chaînes de l’Institut National de l’Audiovisuel, NDLR).
Ça nous a déçus : l’histoire peu entraînante de Sheep
Créations d’Alex Reinberg et Leni Gruber, les deux premiers épisodes projetés de Sheep nous emmènent dans un monde où les moutons sont persuadés d’avoir domestiqué les humains. Oliver, un mouton au tempérament aventureux, va découvrir la vérité et tenter de sauver son troupeau.
Bien que la série suscite une réflexion de manière détournée sur l’abattage des moutons, elle peine à convaincre totalement. L’œuvre mise énormément sur la comédie, mais son histoire n’est pas vraiment entraînante, même si l’on s’attache aux personnages. Cette fiction, qui comptera cinq épisodes de 20 minutes, sortira très prochainement en Allemagne et en Autriche, mais n’a pas de date ni de diffuseur en France.
Evan Malod
