Pizzly, un croisement d’ours polaire et de grizzly pour parler d’écologie

Autrice et illustratrice, MoPi a créé la BD Pizzly. L’histoire raconte la quête d’identité d’un jeune pizzly, croisement entre un ours polaire et un grizzli. L’œuvre parle d’écologie avec humour.
Le premier tome publié en 2021, a su convaincre le jeune public. MoPi intervient notamment dans des écoles pour proposer des ateliers mêlant dessin et sensibilisation. En juin dernier, elle a signé le cinquième et dernier tome de la saga. Son engagement pour la planète imprègne tout son art.

MoPi a dessiné des panneaux qui seront disposés au printemps dans la ville de Vence. Photo Louise Duquesne

Pizzly, qu’est ce que c’est ? Comment l’idée est-elle née?

« Le pizzly, c’est le mélange de l’ours polaire et du grizzly. Il y a dix ans, j’ai vu un reportage sur cet animal et cela m’a inspirée. Je voulais écrire l’histoire d’un ours. Le pizzly c’est parfait car c’est un ours atypique et cela me permettait de traiter du dérèglement climatique. À cause de la fonte des glaces, les ours polaires doivent migrer. Ainsi, ils croisent sur les terres canadiennes les grizzlys et se reproduisent avec eux. Sur les cinq tomes de l’aventure, Pizzly essaye de retrouver son papa resté dans le Grand Nord
et cela me permet d’aborder une thématique environnementale à chaque fois. »

Pourquoi avoir décidé de vous adresser au public jeunesse ? Pourquoi le format bande dessinée?

« J’adore le dessin et la BD. Quand j’étais petite, je me disais qu’un jour je ferai une bande dessinée. C’est un truc qui ne m’a pas quitté. J’aime beaucoup transmettre et les enfants sont beaucoup plus réceptifs que les adultes. Je me suis dit que leur parler pourrait aussi leur donner de l’espoir. Après, cela reste une BD familiale, quand tu touches les enfants, forcément les parents sont à côté. Donc, c’est un moyen de provoquer de petits déclics chez eux aussi. Avec Pizzly, il y a une double lecture, j’ai ajouté plein de références pour les adultes que les jeunes ne comprendrons pas. »

Le monde de l’édition n’est pas forcément connu pour son engagement environnemental. Comment arrivez-vous à concilier les deux ?

« Ma maison d’édition « Des livres et du rêve » et mon éditrice me supportent à fond dans mes délires d’écologie. J’ai la chance d’être suivie de A à Z sur mes engagements. Par exemple, elle a accepté de ne pas mettre Pizzly en vente sur Amazon. C’est quelque chose d’énorme car c’est un manque à gagner très important pour elle. Mais pour moi, c’est une cohérence écologique et sociétale. Les BD sont imprimées en France, les tirages sont à chaque fois limités, nous réimprimons uniquement quand le stock arrive à sa fin. Aujourd’hui, si un livre ne marche pas, on met tout au pilon. Au lieu d’être donné à des associations ou déposé dans des boîtes à livres, tout est détruit. Moi, je ne voulais pas de cela. L’idée c’était vraiment de travailler en partenariat avec quelqu’un en accord avec mes valeurs. Même si on n’est pas encore parfait sur tout, nous essayons de faire en sorte que ce soit le plus écoresponsable possible. »

Pizzly, c’est fini mais vous travaillez sur d’autres projets. Qu’est ce que vous préparer pour le futur ?

« Je vais commencer à travailler sur On n’est pas des dinosaures, une bande dessinée qui parlera des dinosaures, toujours par le biais de l’écologie. L’auteur est spécialiste des questions environnementales. Il fera le scénario et moi je ferai les dessins et les blagues. J’ai aussi un projet qui s’appelle «DoYouWantABear». J’ai offert sept panneaux, sept visuels à ma commune, la ville de Vence. Ce sont des accumulations d’oursons doodle. Chaque planche porte sur une thématique importante pour Vence, comme la pollution, le numérique engagé, la nature, la protection animale et d’autres encore. On les a choisis avec la mairie. Le but c’est de divertir les habitants mais aussi de les interpeller. En cherchant l’ourson, ils découvrent des messages cachés. Ces mots les amènent à se questionner sur le sens de la vie par exemple. C’est un projet de cœur car cela mélange la philosophie, le dessin, le street Art, la bande dessinée. C’est tout ce que j’adore. »

Recueillis par Louise DUQUESNE
édité par Lucie MEIGNAN

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