L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’inquiète d’une pénurie mondiale d’infirmiers. Dans un contexte défavorable, des écoles telles que l’Institut de formation en soins infirmiers (IFSI) permettent aux étudiants de découvrir la profession.
À 18 ans, Lilas Camarena a décidé de rejoindre la formation à l’IFSI de Marseille. Soucieuse d’aider son prochain, elle explique sa volonté de donner un second souffle au métier en incarnant une prise de conscience chez les jeunes.

Pourquoi avoir choisi de faire des études d’infirmière ?
« J’ai choisi cette formation car j’ai toujours su que dans ma vie j’allais faire un métier ayant pour but d’aider les gens. Quand j’étais petite, j’étais toujours en train d’aider les autres. Quand un membre de ma famille se faisait mal, j’étais soucieuse de son état et j’aimais m’impliquer pour qu’il aille mieux, pour l’aider. »
Comptez-vous poursuivre vos études à la fin de la formation ? Combien de temps dure-t-elle ?
« C’est une formation qui dure trois ans. Mais je souhaiterais me spécialiser par la suite. J’aimerais faire infirmière en pratique avancée (IPA). C’est-à-dire être une infirmière expérimentée. Il me faudrait pour cela un master. Actuellement, il faut travailler deux ans au service de l’État et suivre une année de formation supplémentaire. Mais les modalités risquent de changer d’ici là. »
Où vous voyez-vous dans cinq ans ?
« Dans cinq ans ? (rires) Je me verrais dans un cabinet en collaboration avec un médecin. Les infirmières en pratique avancée ont le même titre qu’un médecin sans avoir fait autant d’années d’études. Cela se traduit par exemple par la possibilité de renouveler une ordonnance, chose que les infirmières ne peuvent pas faire normalement. Vous le savez sans doute, le métier d’infirmière est précaire, compliqué. Nous manquons de personnel soignant. Le rapport de l’OMS sur le sujet est inquiétant… »
Qu’est-ce qui vous a réellement motivé à aller dans cette voie ?
« C’est très simple. J’aime les gens, et j’ai besoin de donner. Par exemple, j’ai la chance de faire en ce moment mon premier stage en Ehpad. Il se trouve que là-bas, certains patients n’ont pas de famille. Il m’arrive de rester parler avec eux. Un résident a perdu sa femme il y a six mois, et il se retrouve tout seul. La dernière fois que je suis restée avec lui, il m’a chaleureusement remerciée. Il me disait : « Ça me fait plaisir que quelqu’un reste avec moi. Je m’ennuie à l’Ehpad. Vous êtes un ange tombé du ciel. » Ce qui est important quand on est infirmière, c’est de comprendre, de soutenir, d’être là et accompagner. La notion d’accompagnement est très importante dans ces études. Et c’est aussi motivant de recevoir ce genre de compliments. Ce que j’aime le plus dans le métier, c’est le rapport aux patients. En tant qu’infirmière, je voudrais accompagner les patients qui sont dans le besoin et leur montrer qu’ils ne sont pas seuls. »
La vie dans ce milieu-là peut être difficile, certaines situations peuvent être délicates à gérer. Comment les surmontez-vous ?
« C’est vraiment un travail sur soi. Pour nos stages par exemple, nous devons prendre une situation qui nous a choqués, et qui nous a fait nous questionner. Cela nous apprend à faire face aux imprévus. En revanche, je trouve que c’est motivant, même si cela peut faire peur. »
Nous avons évoqué les multiples contraintes du métier. Que diriez-vous aux jeunes qui hésitent encore à se lancer dans ce domaine ?
« Je leur dirais de se lancer car c’est une belle expérience. Ce que je trouve intéressant dans cette profession, c’est encore une fois les relations humaines avec les patients. C’est en plus un domaine qui ouvre beaucoup de portes et qui est accessible à tous. J’aimerais ajouter que pour moi, il était important de faire un métier utile. Le métier d’infirmière me permet de donner un sens à ma vie. »
Propos recueillis par Arthur PACE
édité par Jade GIRARD
