Les organisations humanitaires dans la tourmente des coupes budgétaires

Le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) a décidé de resserrer son budget pour l’année 2026 autour des actions humanitaires sur les zones de conflit. Une manière de faire face à une baisse des financements gouvernementaux.

L’USAID, agence américaine d’aide au développement, finance de nombreuses actions humanitaires à l’international. Ici, lors du lancement du Higher Education Solutions Network, à Washington D.C., en 2012. Photo : Rodney Choice / USAID, CC BY-NC 2.0.

Une année difficile semble se profiler pour les organisations humanitaires. Face à la recrudescence des conflits armés et à un ordre géopolitique très instable, les organismes se préparent… avec les moyens dont ils disposent. Dans un communiqué publié en novembre dernier, le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) a annoncé l’adoption du budget pour l’année 2026 marqué par des restrictions budgétaires importantes.

Avec un montant de 1,8 milliard de francs suisses, soit environ 1,95 milliard d’euros, le budget pour la nouvelle année est 17 % plus faible qu’en 2025. « Nous avons été contraints de faire d’importantes coupes budgétaires », explique David-Pierre Marquet, responsable communication à la délégation du CICR de Paris. « Nous avons fait le choix des programmes à couper, et des programmes essentiels à préserver. Nous subissons également en ce moment un large plan de licenciement. Aujourd’hui, il faut réussir à faire plus avec moins », conclut-il. Le CICR vise la suppression de 2900 postes pour s’aligner avec les moyens dont il dispose. Les suppressions d’emploi touchent en particulier le siège de l’organisation et les services administratifs, alors que la Croix-Rouge cherche à centraliser ses moyens autour des zones de conflits.

« Nous faisons partie d’une des rares organisations n’ayant pas été coupées à 100 % »

En janvier 2025, le gel des financements américains consacrés aux organisations humanitaires avait profondément impacté les organismes internationaux. « Donald Trump s’en est pris à l’agence d’assistance USAID qui finançait de très nombreuses organisations », raconte David-Pierre Marquet. L’agence américaine subventionnait à hauteur d’environ 9,4 milliards de dollars les initiatives humanitaires. Le 20 janvier 2025, un décret présidentiel suspendait les financements des aides étrangères pour 90 jours, à l’issue desquels 83 % des programmes de financement ont été supprimés. « Nous faisons partie des rares organisations n’ayant pas été coupées à 100 %, explique le responsable communication du CICR. Washington continue à financer certaines de nos actions puisqu’elles sont uniques. Malheureusement, de nombreuses ONG et organisations humanitaires ont été touchées par des coupes très sèches. »

Les baisses de financement des actions humanitaires s’articulent dans une dynamique mondiale. En France, la proposition de loi pour le budget 2026, adoptée avec le recours au 49.3 le 20 janvier 2026, prévoit une baisse des fonds consacrés à l’APD (aide publique au développement). Les crédits de paiement servant en partie au financement des organisations humanitaires s’y élèvent à 3,67 milliards d’euros, soit une baisse de 16,1 % par rapport au budget de 2025.

Aristide KERLOC’H
édité par Tristan NOVIANT

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