Canneseries 2026 : « Il y a un impact sociétal évident », quand le sport s’invite en force dans les séries

Pour cette 9e édition, Canneseries accueille un nombre record de séries autour du sport. Il s’agit du reflet d’un engouement plus large : le sport comme porte d’entrée vers l’intimité des athlètes et les enjeux de société. Pourquoi cette tendance accélère-t-elle aussi vite, et quels sont ses freins dans la production globale ?

Les dates de la prochaine édition des Canneseries ont déjà été annoncées. Le festival se déroulera du 11 au 16 février 2027. Crédit L.B.

Vendée Globe, ski de fond, et football à l’honneur: pour cette édition 2026 de Canneseries, le festival international des séries de Cannes (Alpes-Maritimes), les séries aux thématiques sportives ont bénéficié une exposition inédite.

Cette émergence des séries sportives est visible à l’échelle nationale. Mais elle s’explique notamment par l’émergence des plateformes de streaming. Selon l’observatoire européen de l’audiovisuel, entre 2015 et 2021, la production européenne de séries a augmenté de 36,3 %, passant de 971 à 1 324 titres.

« Plus de propositions dans les dossiers »

Pour comprendre cet afflux, il faut remonter quelques mois avant le début du festival. Lors de la sélection des séries qui composeront la programmation, la direction artistique de Canneseries étudie des centaines de dossiers. Et cette année, le constat est clair selon la direction, il se passe bien quelque chose. « On n’a pas fait le choix de sélectionner davantage de séries sportives, on a tout simplement eu plus de propositions dans les dossiers« , affirme Alban Lewi, directeur artistique de Canneseries.

Plus que l’aspect athlétique, c’est donc avant tout les thématiques abordées dans les productions qui ont conduit à leur sélection. « Cela dépasse le sport, il y a un impact sociétal évident, analyse Alban Lewi. Dans les séries qu’on a sélectionnées, on a accès à l’intimité des athlètes, de ce qui se cache derrière les performances.« 

Des séries qui plaisent

Mais alors cette évolution a-t-elle été remarquée par les festivaliers ? « Personnellement, je n’ai même pas observé qu’il y en a plus que d’habitude« , souligne Christophe.

Toutefois, certaines personnes présentes sur le tapis rose apprécient particulièrement cette édition, comme Jérémy : « Je viens chaque année au festival et cette année j’ai pris plus de place que d’habitude. » La raison ? La présence de certaines séries qui lui ont tapé dans l’œil : « Étant un passionné de football, il y a celle sur Cruyff qui m’a directement attiré. À la base, j’avais aussi pris un billet pour celle sur Florent Manaudou, mais malheureusement elle a été annulée. »

Une production complexe et onéreuse

Il est toutefois nécessaire de situer les séries sportives dans l’univers global du genre, comme l’explique Pierre Langlais, journaliste spécialisé dans les séries à Télérama : « leurs parts restent minoritaires à l’heure actuelle. » Pour le spécialiste, ces productions sont des prétextes : « Beaucoup de ces séries ne racontent pas le sport, mais tout l’univers qui se trouve autour, voire même des romances.« 

L’un des aspects les plus difficiles dans la création de ces séries, c’est le coût de production. En plus de payer les tarifs habituels, il faut aussi former les acteurs au sport et donc les payer sur une durée plus longue. « Pour les sports collectifs, c’est très compliqué de réaliser une série puisque c’est compliqué de reproduire à l’écran une équipe homogène alors que ce ne sont pas des athlètes de haut niveau« , explique Pierre Langlais. « Au contraire, certains sports se prêtent plus à être scénarisés. Le marathon par exemple ne demande pas de gestes techniques très compliqués, donc il est assez simple de former un acteur à la discipline.« 

Louis BÉASSE

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